Congrès international Métropolis 2019 – Soumission de résumés

Du 24 au 28 juin 2019

Les promesses de la migration

intégration, croissance économique et coopération mondiale

Thèmes des séances plénières du congrès

Le Congrès international Metropolis constitue un lieu d’échange neutre permettant de discuter des enjeux contemporains de la migration et de l’intégration ainsi que de leurs effets sur les sociétés et les villes. Il se caractérise par la participation en parts égales de chercheurs universitaires, de responsables des politiques gouvernementales et de la communauté internationale ainsi que de la société civile qui, dans un esprit de collaboration, cherchent à mieux comprendre les phénomènes liés aux migrations et les solutions aux enjeux qu’ils soulèvent. Le Congrès de 2019 représentera une occasion de discuter des possibilités et des défis concernant la réalisation des « promesses de la migration » pour le bien-être des migrants, des sociétés d’accueil et des collectivités d’origine. Le Congrès est l’occasion de faire une pause et de réfléchir aux promesses de la migration, c’est-à-dire à son potentiel pour améliorer l’inclusion, la croissance économique et la coopération mondiale. Les débats s’articuleront autour des thèmes ci-dessous, qui seront abordés en séance plénière et seront approfondis par les conférenciers principaux et dans le cadre d’ateliers, tout en intégrant un large éventail de thèmes transversaux tels que l’identité, la diversité, le genre, l’intersectionnalité, les enfants et les pratiques exemplaires.

1. En quête d’une gouvernance mondiale : ententes et objectifs de développement durable

En réponse aux mouvements migratoires et aux déplacements de réfugiés dans la région de la Méditerranée en 2015 et en 2016, les Nations Unies ont lancé un double processus de création d’un Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et d’un Pacte mondial sur les réfugiés. Le PMM a été adopté en décembre 2018 lors d’une conférence à Marrakech, et le PMR a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies au cours de ce même mois. De l’avis général, le fait que la communauté internationale soit parvenue à un accord est en soi une réalisation remarquable. Reste à voir comment ces accords seront utilisés par les États membres de l’ONU, en particulier pour gérer les crises liées aux migrations et aux réfugiés qui ont motivé leur création. Les conférenciers de cette séance examineront attentivement et d’un œil critique ce que les pactes ont permis de réaliser et réfléchiront également au potentiel de la migration pour ce qui est de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable de l’ONU.

2. Migration sud-sud

Bien que l’ampleur des flux migratoires sud-sud soit égale à celle des flux sud-nord, ceux-ci reçoivent comparativement moins d’attention de la part des chercheurs universitaires, des gouvernements nationaux et de la communauté internationale, dont les préoccupations ont été dominées par les intérêts de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Compte tenu de l’intérêt croissant pour l’ampleur mondiale de la migration, y compris à l’ONU, il est plus que temps que l’on s’attarde à mieux comprendre la migration sud-sud. Cette séance plénière se concentrera sur les pays du Sud en tant que destinations de travail et lieux de refuge. Les conférenciers aborderont les aspects de la migration sud-sud liés à la main-d’œuvre, la façon dont les flux migratoires sont gérés et par qui, et les difficultés auxquelles sont confrontés les pays du Sud dans l’accueil d’un nombre souvent très important de réfugiés.

3. Les répercussions économiques de l’immigration

Le nombre de migrants internationaux à l’échelle mondiale a continué de prendre de l’ampleur rapidement au cours des dernières années, tout comme les répercussions éventuelles de ces migrants sur les sociétés d’accueil. Par conséquent, l’intérêt en matière de recherche et de politiques augmente, en particulier en ce qui concerne les possibles répercussions économiques de la migration, notamment sur le revenu national, le niveau de vie, la croissance de la population active, l’activité économique, le chômage et les salaires, la productivité, l’innovation, le commerce, l’investissement et la création d’emplois. Cette séance portera sur les liens entre les politiques en matière de migration et les répercussions économiques qui en découlent; des conférenciers débattront des retombées économiques, des risques et des coûts associés à la migration.

4. Les acteurs non gouvernementaux et l’industrie de la migration

Nous savons, d’après les enquêtes sociales internationales, que le nombre de personnes souhaitant émigrer est beaucoup plus élevé que le nombre de migrants souhaités par les États d’accueil. Une industrie virtuelle composée non seulement de consultants et d’avocats légitimes, mais aussi de passeurs et de trafiquants est née de cette disparité. Celle-ci offre des services aux migrants potentiels ainsi qu’aux employeurs et, de plus en plus, aux établissements scolaires. Ces services vont de l’aide pour naviguer dans les complexités juridiques et administratives du travail à l’étranger au passage de clandestins et à la traite de personnes, qui sont plus pernicieux. Les résultats de la migration de main-d’œuvre peuvent également varier selon le type d’acteurs non étatiques auxquels les migrants font appel; dans certains cas, il y a violation des droits de la personne. Les conférenciers de cette séance plénière examineront les défis, les risques et les avantages de la gestion de la migration par des acteurs non étatiques et les façons de mieux protéger les droits des migrants.

5. Personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays

La Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés limite la définition des réfugiés à ceux qui ont franchi une frontière internationale pour échapper à la persécution. Ceux qui ont fui la persécution ou d’autres formes de danger, mais qui n’ont pas franchi la frontière de leur pays d’origine pour entrer dans un autre pays, ne sont pas considérés comme des réfugiés, mais sont qualifiés de « personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ». Théoriquement, ils relèvent de la responsabilité du gouvernement de leur pays d’origine jusqu’à ce qu’ils quittent leur territoire. La communauté internationale, reconnaissant la souveraineté des États sur leur territoire, s’est montrée réticente à intervenir dans les cas où les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays demeurent exposées à des risques. Ce n’est que par des mesures justifiées par la « responsabilité de protéger », principe adopté seulement en 2005, que la communauté internationale peut intervenir pour prévenir le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité. La réticence à invoquer la responsabilité de protéger demeure forte, comme on l’a vu dans de nombreux cas récents, notamment en Syrie, au Myanmar, en Colombie, au Soudan du Sud et bien d’autres. Cette séance abordera en détail les façons dont la communauté internationale pourrait mieux protéger les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

6. Les effets de la technologie sur la migration et l’intégration

Les technologies de l’information et des communications jouent un rôle de plus en plus important dans les mouvements de réfugiés et de demandeurs d’asile ainsi que dans la gestion de la migration. Cette séance plénière mettra l’accent sur l’essor de l’intelligence artificielle et sur l’utilisation possible des algorithmes de même que sur les risques qui y sont associés par rapport à la sélection des immigrants, au recours à la biométrie pour améliorer la gestion de l’identité des migrants et atténuer les préoccupations en matière de sécurité, à la mise à profit des médias sociaux dans l’intégration des migrants ainsi qu’au rôle de ceux-ci dans la montée des sentiments et des actes anti-immigrants.

7. Les villes et la migration

C’est dans le contexte local que se jouent inévitablement la réussite ou l’échec de l’intégration sociale. Dans une large mesure, le potentiel d’intégration est lié à la nature et à l’importance des interactions entre les personnes issues de toutes les facettes de la diversité (ethnique, linguistique, religieuse, socioéconomique, etc.). Les municipalités et les organisations de la société civile jouent un rôle de premier plan quand il s’agit de façonner ce contexte social. Avec des ressources limitées, par exemple, les municipalités sont appelées à s’attaquer aux défis de tous les jours auxquels est confrontée une population de nouveaux arrivants de plus en plus diversifiée, y compris des groupes vulnérables tels que les réfugiés, les enfants et les personnes LGBTQ2+. De plus, les efforts déployés par les organisations non gouvernementales pour appuyer l’intégration des nouveaux arrivants sont fortement influencés par le contexte social. Cette séance plénière explorera le rôle essentiel que jouent les municipalités et la société civile dans la réalisation des « promesses de la migration » et dans l’inclusion réussie des nouveaux arrivants.

8. Confiance du public en la migration

L’inquiétude croissante du public à l’égard de l’immigration est l’une des forces qui alimentent les mouvements anti-immigration et la politique populiste. C’est particulièrement vrai lorsque la migration est considérée comme une menace pour la sécurité nationale. Lorsque ce type d’anxiété s’installe, il devient de plus en plus difficile de mettre en œuvre des pratiques exemplaires à l’échelle locale, nationale et internationale en matière de gouvernance des migrations. Cette séance visera à explorer la relation entre la migration, la perception des risques et les attitudes du public. Elle abordera également différentes approches permettant de susciter et de renforcer la confiance du public à l’égard de l’immigration par l’entremise des médias établis et des réseaux sociaux, des organismes gouvernementaux, des organisations internationales et de la société civile.